Choc culturel

Ça y est, tu es arrivé·e à destination. Tu as récupéré (en principe) tes bagages, à la sortie une dame arbore un panneau avec ton nom. Avec empressement, tu te diriges vers elle ... et tu te proposes de lui faire la bise.

Haaaaaaaaaalte !

Si ce type de familiarité fait partie de tes habitudes, demande-toi si c'est aussi le cas dans le pays de ton stage.

Lorsque tu pars dans un pays qui possède une culture différente de la tienne, il est fort probable que tu vives des situations comme celle-ci.

Handshake fail

En effet, partir dans un pays inconnu demande une certaine faculté d’adaptation aux normes, valeurs et pratiques de ce nouvel environnement. Même si tu as pris la peine de te renseigner sur celles-ci avant ton départ, tu constateras toujours que nombre de ces habitudes culturelles t'échappent. Il se peut que tu ressentes alors une inadéquation, une opposition entre ta propre façon de fonctionner et ce nouveau système de valeurs. Ce décalage entre tes propres habitudes et celles de ton pays d’accueil peut provoquer une tension, un stress qu'on appelle : le choc culturel.

Limiter le choc culturel

Un peu de théorie... Le choc culturel c'est le conflit mental, émotionnel et social que nous pouvons ressentir lorsque nous sommes en contact avec une culture différente de la nôtre, d'autres manières de vivre, de penser ; des habitudes, des pratiques, de croyances différentes.

Les symptômes ?

  • Une impression d'inconfort et de désarroi
  • Le sentiment d'être incompris, mal à l'aise
  • Une certaine lassitude
  • Un sentiment de déception, de désillusion
  • Une certaine irritation qui peut aller jusqu'à l'agressivité
Les réactions peuvent aller de l'isolement à la recherche de gens qui partagent tes valeurs (ou des valeurs proches) ; du refus de s'intégrer dans la communauté à la manifestation de signes de colère ou d'ennui.
Pas de panique, tout·e primo arrivant·e est confronté·e à ces symptômes et dans la plupart des cas on en guérit !
Tes hôtes ne sont pas des ennemis ou des gens irrationnels, malpolis, etc. : ils ont un mode de vie adapté à leur culture (que tu vas découvrir), à leur histoire (dont tu as pris connaissance lors de la préparation de ton stage), à leur philosophie ou leur religion (dont tu souhaites apprendre les principes).

La plupart des spécialistes s’entendent sur l’existence de 4 ou 5 étapes dans la manifestation du choc culturel.
 
1. La lune de miel :
l’euphorie de l’arrivée et l’excitation du nouveau : tout paraît fascinant, tu réalises enfin ton rêve, tout est étranger, nouveau et à découvrir ;
 
2. La crise ou choc culturel :
il s'agit d'une période de désillusion, l’habitude commence à se faire sentir. Tu te fais au lieu, aux gens qui t'entourent et certains aspects négatifs commencent à apparaître et à être difficile à supporter
 
3. La période d’ajustement ou de récupération :
tu réalises petit à petit qu'il y a une marge entre les attentes du début et la réalité telle qu'elle est, et qu'il est nécessaire de trouver un juste milieu. Même s’il subsiste quelques difficultés, ton sentiment de contrôle augmente et tu te sens moins perdu au sein de cette nouvelle culture.
 
4. La période d’adaptation :
tu as appris à accepter tous les aspects de cette nouvelle culture, les positifs comme les négatifs. Tu te sens intégré-e à ton nouvel environnement et cela te permet de savoir ce que tu désires vraiment, de te fixer des objectifs.
 
5. Le choc culturel inversé :
il est possible qu’à ton retour dans ton pays d’origine, tu ressentes quelques difficultés à reprendre tes habitudes. Il est également possible que tu te sentes parfois incompris par ton entourage qui n’a pas vécu la même expérience que toi. Pas de panique, il s’agit d’une réaction tout-à-fait normale après l’expérience enrichissante que tu viens de vivre. Pour pallier à ça, nous t’invitons à consulter l’onglet « de retour de stage »
 

Si le choc culturel est nécessaire et inévitable, il est cependant tout à fait possible d’en limiter les aspects négatifs :

  • Accepter les effets du choc culturel ;

  • Se renseigner avant le départ - savoir que dodeliner de la tête en Inde veut dire oui, que mâcher des feuilles de coca au Pérou n’est pas se droguer, qu’au Sénégal, le thé se prend en 3 fois - peut permettre d'éviter des situations d’incompréhension et des maladresses ;

  • Apprendre quelques mots de la langue du pays ;

  • Ne pas craindre de faire des erreurs, et ne pas hésiter à demander de l’aide, des conseils, des explications ;

  • Etre dans l’observation et l’écoute ;

  • Essayer d’avoir un esprit positif, ouvert, et d’être souple aux changements ;

  • Eviter de considérer les différences culturelles de manière négative ou critique ;

  • Limiter ses attentes et avoir des objectifs réalistes ;

  • Garder en tête que le choc culturel n’est pas un échec personnel ;

  • Prendre l’imprévisible comme il vient ! Et si ce sentiment ne passe pas, n'hésite pas à contacter ta·ton maître de stage pour en parler.

Syndrome du voyageur

Le syndrome du voyageur vécu par Mircea Austen sur Madmoizelle

Lorsque le choc culturel est plus violent et provoque des symptômes plus graves, on appelle cela le syndrome du voyageur.

Les symptômes ?

  • Stress et angoisses ;
  • Tachycardie, bouffées de chaleur, vertiges ;
  • Délires et hallucinations ;
  • Dans certains cas, paranoïa et troubles de l’identité.

Bien que les manifestations soient identiques, on distingue plusieurs formes de syndrome du voyageur :

  • Le syndrome de Stendhal : cette forme de syndrome se produit généralement lorsque le voyageur est de la même culture que celle du pays d’accueil. Dans ce cas, bien que cela puisse paraître surprenant, le choc affectif n’est donc pas produit par la différence culturelle mais par l’excès de beauté des lieux que le voyageur rencontre. Henri Beyle, plus connu sous le nom de Stendhal,  a été touché par ce syndrome en 1817, lors de son voyage à Florence.
  • Le syndrome de l’Inde : dans certains pays, comme c’est le cas de l’Inde, le voyageur occidental est confronté à toute une série de choses qu’il ne connaît pas dans son pays d’origine : la pauvreté, la foule, le bruit, les odeurs, un climat particulier, etc. Sans parler des différences culturelles importantes qui peuvent parfois fortement perturber le voyageur.
  • Le syndrome de Jérusalem : très proche du syndrome de l’Inde, ce syndrome est quant à lui provoqué par un choc émotionnel dû à la proximité des lieux saints et de la ferveur religieuse présente à Jérusalem. La forte présence du religieux va conduire certains voyageurs dans des délires mystiques, ceux-ci se prenant tout-à-coup pour un personnage biblique. Les personnes qui présentent ce syndrome ne sont pas nécessairement religieuses et n’ont pas d’antécédents psychiatriques avant d’arriver à Jérusalem. Ce syndrome peut complétement disparaître au bout de quelques jours et les symptômes peuvent ne plus jamais réapparaître.
  • Le syndrome de Paris : ce syndrome se manifeste exclusivement dans la ville de Paris et concerne surtout les voyageurs Japonais qui s’y rendent. Il est le résultat d’un choc émotionnel produit par la trop grande différence entre l’image très idéalisée qu’ils se font de Paris et la réalité (il y a la foule, la saleté, les gens sont pressés et pas toujours accueillants, il faut s’imposer, les transports sont archi pleins,…).

Le syndrome du voyageur n’est ni une maladie, ni le signe de troubles psychologiques graves. En général, lorsque la personne rentre chez elle, les symptômes disparaissent complétement. Il est, par ailleurs, impossible de prédire qui présentera ce syndrome. Pour l’éviter, il s’agit des mêmes conseils que pour le choc culturel.

 

 

Viens aborder tous ces thèmes et poser toutes tes questions durant une séance de « Préparation au départ » que nous organisons : inscris-toi